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L'arbre Yá (partie 1)

Publié le par La Gobeline

Salutation ! Voici la première partie d'un petit texte que je suis en train d'écrire.
Comme d'habitude votre avis m'intéresse et fait vivre le blog !
Cette semaine je n'ai eu aucune réponse d'autorisation pour illustré le texte j'ai donc choisit une image libre de droits qui sera sans doute remplacé par la suite.

Pour ce qui est du texte de la semaine dernière que vous pouvez retrouver >ici< il s'agissait bien de Élisabeth Battory  comme certain l'avait découvert.

Je vous souhaite une bonne lecture dans le désert.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Il y a de ça des centaines d'années, sur la terre de Taïja-thar, dans un désert de roche, vint au monde un enfant si petit que la mère de sa mère refusa de le prendre dans ses bras.

        - Il est trop maigre, mieux vaux ne pas t'y attacher ma fille, il ne tardera pas à mourir.

 

Ce à quoi la jeune accouchée répondit :

        -Si mon fils est chétif, c'est que sa force est logée dans son cœur, si mon fils mange peu, c'est que les rayons du soleil suffisent à le nourrir. Mon enfant vivra longtemps, il portera le nom de Yára-Arata qui signifie Grand et Ancien.

 

Contrairement aux prédictions de la grand-mère, Yára-Arata resta en vie, il était maigre, et quand sa mère lui demandait de manger, il lui répondait que les rayons du soleil lui suffisaient.
Alors que les autres enfants se moquaient de lui et le battaient, il suppliait sa mère de ne pas se mettre en colère et de leur pardonner.

 

Yára était déjà bien avancé dans l'enfance lorsqu'il vit un arbre pour la première fois, dans le désert où lui et les siens vivaient, les plantes étaient rares, les arbres d'autant plus. Le végétal était fatigué, assoiffé.

La mère de l'enfant s'approcha, posa sa main sur l'écorce et ferma les yeux, elle se recueillit un instant et se tourna vers son fils :


        - Il y a bien longtemps, nos terres étaient fertiles, une grande forêt s’étendait là où nous sommes aujourd'hui. Mais nos ancêtres sont arrivés, ils ont coupé beaucoup d'arbres, la gardienne des vieux arbres s'est vengée et à provoquer de nombreux incendies, maintenant le sable et la roche ont remplacé les étendues boisées. Notre peuple a prié et supplié la gardienne des vieux arbres, mais elle n'est plus jamais apparue. À présent, elle habite l’esprit des arbres anciens dans le nord, et s'est désintéressée de nous.

        - Mon fils, écoute bien, les arbres étaient là avant nous, ils seront toujours là après, et même si on les arrachaient tous ils reviendraient, si tu dois un jour utiliser la branche d'un arbre, il te faudra dire en la coupant :

 

« Oh gardienne des vieux arbres, donnez moi s'il vous plaît, un peu de votre bois et, quand je serai un arbre, vous aurez un peu du mien »

 

 

Elle désigna alors une unique gousse verte suspendue à l'une des branches, à peine son doigt effleura la gousse que celle-ci se décrocha et tomba dans le creux de sa main. Elle la tendit alors à Yára :

        - Garde-la précieusement, l'arbre à utiliser ses dernières forces pour concevoir ses graines. Elles sont la preuve que la gardienne reviendra un jour pour replanter la forêt.

 

La nuit qui suivit, alors que tout le monde dormait, Yára-Arata sentit qu'il devait retourner voir l'arbre, lorsqu'il arriva devant il sortit son couteau et coupa une branche en murmurant :

 

« Oh gardienne des vieux arbres, donner moi s'il vous plaît, un peu de votre bois et, quand je serai un arbre, vous aurez un peu du mien »

 

Il caressa longuement la baguette qu'il avait obtenue avant de la tailler, il fabriqua une petite flûte et lorsqu'il souffla dedans, il entendit quelqu'un l'appeler. Il cessa aussitôt et chercha partout autour de lui, comme il ne voyait personne, il souffla à nouveau et cette fois sa vision se brouilla et le décor changea autour de lui, il était exactement au même endroit, mais à la place de la plaine de cailloux se dressait d’immenses arbres en feu, et à ses pieds un arbrisseau luttait contre les flammes. Une flamme arriva sur lui et le calme froid du désert revint.

 

À la place de l'arbrisseau se trouvait le vieil arbre, seul.

 

La nuit suivante, il retourna auprès de l'arbre, la vision qu'il avait eu le terrifiait, mais il sentait que le bois de cet arbre avait des choses à raconter. Il commença à jouer et cette fois-ci ce ne fut pas un brasier qui lui apparut, mais une terre dévastée, une vieille silhouette boitait entre les corps calcinés d'arbres et d'hommes, elle semblait désespérée. La vieille femme s'approcha de l’arbrisseau qui avait survécu et une lueur d'espoir apparue dans ses yeux, elle fouilla dans sa robe aussi noire que des baies de sureau et en tira une poignée de terre humide. Elle la répartit au pied de l'arbre en lui murmurant quelques paroles réconfortantes.

Yára-Arata revint dans le présent, une larme coulait sur sa joue.

 

Yára continua de venir rendre visite à l'arbre qui faiblissait de plus en plus, les autres enfants avaient remarqué la flûte qu'il portait toujours à se ceinture, un jour, ils le forcèrent à en jouer. Il s’exécuta, et à la place du son de la flûte il entendit une voix qui chantait une douce complainte, mais quand il eut fini, tout le monde éclata de rire.

        - Il ne fonctionne pas ton instrument, finalement il te ressemble, laid, tordu et qui n'a aucune utilité.

 

Une semaine après, la mère de Yára-Arata mourut dans son sommeil, alors que les vieilles dames enveloppaient son corps dans un linceul avant de l'embraser, l'enfant sortit sa flûte, il en joua et cette fois une clairière tapissée d'herbes grasses lui apparut, sa mère était là, allongée au milieu des fleurs, elle plongea son regard dans le sien et lui sourit, elle paraissait apaisée, heureuse.
Yára revint à lui, de sa mère il ne restait que des cendres et une odeur abominable, le vent souffla et les emporta vers le nord.

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