Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'arbre Yá (partie 2)

Publié le par La Gobeline

Bonjour bonjour,

J'ai un peu de retard pour la suite de L'arbre Yá, j'ai donc décidé de vous le poster en trois parties.

Pour ceux qui aurait raté la première partie je vous conseille de la lire avant la partie 2 cliquez >ici< pour la voir 

bonne lecture !

 

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Il rentra chez lui, la petite maison lui parut tellement grande pour lui tout seul, il considéra le fond de nourriture bouillie dans le poêlon avec dégoût et s'allongea sur sa paillasse.

Alors qu'il commençait à s'endormir, il entendit une voix l'appeler, la voix d'une vieille femme. Il ouvrit les yeux et découvrit sa grand-mère penchée sur lui. Elle lui demanda de s'asseoir à table et commença à lui parler de sa mère, de l'amour qu'elle portait à sa fille.

        - Elle était trop bonne, quand tu es née elle ne voulait rien entendre et a tout fait pour que tu vives - son regard s’assombrit et elle rajouta dans ses dents -, mais à quel prix ? Quoi qu'il en soit, elle n'est plus parmi nous aujourd'hui, tu es presque un homme, mais trop fragile pour travailler, alors tu n'es plus le bienvenu, et comme nous ne sommes pas des sauvages tu as jusqu'à demain pour partir.

 

Yára n’attendit pas le lendemain matin, si son peuple ne voulait plus de lui il ne voyait aucune raison pour rester plus longtemps.

Il s'en alla, sa flûte pendue à sa ceinture et la gousse au fond de sa poche. Il voulut passer faire ces adieux au vieil arbre, mais lorsqu’il arriva à son niveau le tronc était couché et les racines nues, arrachées à la terre. Le jeune homme joua alors pour cet arbre qui s'en était allé en même temps que sa mère, une complainte sortit de la flûte, chantant la vie de solitude qu'avait vécu l'arbre au milieu d'une terre aride. La fin du chant arriva comme un soulagement, Yára effleura l'écorce du bout des doigts et rangea l'instrument.

Il partit vers le nord sans haine ni regard en arrière. Il marcha des jours durant dans le désert, sans boire une goutte d'eau. Alors que sa bouche était aussi sèche que le sol sur lequel il avançait, il arriva au pied d'une montagne, son attention fut tout de suite attirée par une petite tâche verte entre deux rochers. S’il y avait de la verdure, il y avait forcément de l'eau, il utilisa les forces qui lui restaient pour avancer. Il découvrit une toute petite cuvette dans laquelle il plongea sa tête, il sentit sa peau absorber l'eau, il avala à grande lampée et sentit un filet de fraîcheur couler le long de sa gorge et tomber dans son estomac.

Épuisé, Yára se coucha contre la paroi rocheuse et s’endormit.

 

La fraîcheur de la nuit le réveilla quelques heures plus tard, il décida de commencer l’ascension de la montagne en profitant de l’absence du soleil.

Après s’être reposé, avoir bu et sans la chaleur accablante, Yára-Arata avançait plus aisément. En suivant un petit sentier sinueux, il atteint le sommet au lever du jour, les premiers rayons de lumière lui caressèrent le visage et lui donnèrent l'énergie nécessaire pour continuer d'avancer.

Après quelques heures de marche sur le plateau, il décida de faire halte pour se ressourcer. Devant un coteau, il trouva un petit arbre dont les racines gardaient l'entrée d'une cavité, il se lova a l’intérieur et décrocha la flûte de sa ceinture. Lorsque les premiers sons sortirent, Yára sentit quelque chose de différent, une musique différente de celle qu'il avait pris l'habitude de jouer.

 

Un brouillard troubla la vision de Yára, il était toujours dans la même cavité, mais l'arbre était beaucoup plus feuillu. Une femme s’avançait, boitillante, il la reconnut aussitôt avec sa robe noire et sa démarche caractéristique. Elle était la femme qu'il avait aperçue lors de sa deuxième vision, celle qui avait aidé le vieil arbre en lui donna de la terre fertile alors qu'il n'était encore qu'une jeune pousse. Elle s’arrêta un instant pour saluer l'arbre et continua sa route vers le nord en passant derrière le coteau.

Yára cessa de jouer et retourna dans son présent, après un petit somme dans la fraîcheur de la pierre, il reprit sa route. Il suivit le sentier qui grimpait sur la butte, et en arrivant en haut la vision qui l'attendait lui coupa le souffle.

Commenter cet article