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Le roi des oiseaux (partie 2)

Publié le par La Gobeline

Avec beaucoup de retard, voici la deuxième partie du roi des oiseaux qui est la suite de cette histoire

Cette petite nouvelle est très librement inspirée d'un conte que me racontait mon papa lorsque j'étais enfant. 

 

J'ai illustré ce texte grâce à un dessin de FJ-Design, vous retrouverez sa page Facebook >ici<

 

Image : FJ-Design

Image : FJ-Design

Le phénix s'était éteint, les Paradisiers avaient voyagé sans relâche des jours durant afin de colporter la nouvelle.

Dès que l'écho de la mort du roi arriva aux oreilles de l'Albatros, il s'empressa de partir en direction du volcan, planant au-dessus de la montagne pendant des semaines, il fut le seul témoin de l'auto-destruction de l'île.

En arrivant sur la terre ferme, il rencontra un Héron qui fouillait la vase, faisant honneur à sa légendaire curiosité, l'échassier lui demanda tous les détails sur la tragédie qui avait lieu sur l'île.

Alors que l'Albatros relatait tout sur l’anéantissement de l'île, il fut coupé par un hululement provenant d'un arbre.

 

« L'homme a joué avec le feu comme un enfant au bord d'une falaise. L'équilibre devient bancal, ce n'est qu'une question de temps avant que tout s'écroule. Succéderont au seigneur du feu et des êtres volants ceux dont les plumes seront voisines du flambeau du monde. »

 

Après avoir prophétisé, la Hulotte rentra dans le creux de l'arbre et ferma les yeux. Les autres oiseaux connaissaient tous ce rapace nocturne qui avait don de clairvoyance, ils savaient que ses mots, bien que souvent étranges, devaient être interprétés avec soin.

On demanda alors conseil aux sages de ce monde, l'Ibis, qui possédait la mémoire des temps anciens, le Paon, celui qui voit tout et l’Étourneau, capable de décrypter chaque parole.

Alors qu'ils étudiaient l'oracle, le monde devenait peu à peu chaotique, les volcans se réveillaient, faisant bouillir les océans qui débordaient sur la terre tremblante, des ouragans se déchaînaient, arrachant tout sur leur passage.

Certains oiseaux se raccrochaient uniquement à la future décision des trois sages, tandis que d'autre, comme le Martin pêcheur, tentait malgré tout d'apaiser l'avalanche de catastrophes qui déferlait sur le monde. Éclair bleu dans le ciel, le Martin fendait l'air pour calmer la tempête.

Nombreux furent ceux qui ne survécurent pas, le Grand Pingouin fut emporté pas un ouragan, le Dodo trépassa lors d'un tsunami, l'Argentavis périt dans la lave d'un volcan.

Les sages finirent par rendre leur verdict après avoir étudié les paroles de la Hulotte des semaines durant, le futur roi des oiseaux sera celui capable de s’élever le plus haut dans le ciel.

Nombreuses furent les bêtes à plumes qui tentèrent leurs chances, mais les jours passaient et aucune n’arriva à satisfaire à la fois l'Ibis, le Paon et l'Étourneau.

Les cataclysmes redoublèrent d'efforts, le chaos gagnait du terrain à chaque instant, les plaines brûlaient dévorées par le magma en fusion, les terres se faisaient engloutir par les flots, le vent arrachait les arbres, la terre tremblait de toute part. On avait cessé d’espérer, le merle se mit à chantonner un air mélodieux au rythme lent et aux notes flûtées, le rossignol joignit son chant à celui du merle, apportant un ton dramatique.

Chacun les écoutait, certains les accompagnaient de leurs ramages, comme une halte dans le néant qui prenait possession de la vie, et sà ce moment-là, le soleil perça l'épaisse couche de nuages et la grive poussa un cri.

Toutes les têtes se tournèrent en direction du soleil, un tout petit point, à peine perceptible, formait des cercles dans le ciel.

Les oiseaux s'agitèrent sur le sol, voletant de-ci de-là, chacun avait son hypothèse sur l'identité de celui qui semblait pouvoir toucher le soleil.

Alors que le point devenait de plus en plus gros, on pouvait reconnaître un grand rapace au plumage brun planant en spirale en direction du sol.

Le faucon crécerelle fut le premier à reconnaître l'Aigle, il s'envola pour le rejoindre, suivit de tous les oiseaux qui piaillait de joie pour leur nouveau roi, lui tournant autour et l'escortant sur la terre ferme.

En atterrissant, chacun pris garde à laisser de l'espace autour de l'Aigle, la foule s'écarta pour laisser passer les sages qui vinrent se prosterner devant le nouveau roi. À ce moment, un léger gazouillement protestataire retentit.

« Pas si vite ! Ne tirez pas de conclusion trop hâtive sur votre seigneur. »

Le sommet du crane de l'Aigle remua et une toute petite tache jaune apparue sur son plumage et la tête d'un passereau miniature sortie d'entre les plumes.

« J’étais caché ici durant toute la durée du vol, j'ai été celui qui a été le plus proche du soleil, je suis donc votre nouveau roi »

Un long silence tomba, les trois sages, épuisés, se mirent à murmurer énergiquement entre eux. L'assistance commençait à s'échauffer, certains accusaient l'oisillon de tricherie, d'autres admettaient qu'il était effectivement celui qui c'était élevé le plus haut dans le ciel et que la couronne devait lui être remise, d'autres encore estimaient l'oiselet trop chétif et incapable de gouverner .

Les sages semblaient avoir beaucoup de mal à se mettre d'accord, à la tombée de la nuit la chouette Hulotte survola la foule, et se posa sur un rocher.

 

« Le pélican survolera les continents et la montagne de feu resurgira des eaux, Phénix, empli de haine, renaîtra Rokh, le chaos se ranimera. Pourtant, lorsque la maison du jour et de la nuit ne fera plus qu'un, les seigneurs des cieux s’uniront contre l'oiseau des orages. »

 

En quelque battement d'ailes, la Hulotte était déjà loin. L' Étourneau échangeant un regard avec ses confrères et se tourna vers ses auditeurs, pendus à ses lèvres.

 

« L'Aigle est celui qui a réussi l'exploit de voler plus haut qu'aucun d'entre nous ne le pourra jamais, l'autorité royale lui revient donc de droit. Nous l’appellerons désormais Aigle royal. Cependant ! L'ingéniosité et la détermination dont a fait preuve ce petit oiseau sont une qualité importante pour un souverain. Dorénavant, vous lui devrez également fidélité et vous l’appellerez Roitelet ».

Le roi des oiseaux (partie 2)

Instant culture pour les rationnels qui veulent un avis ornithologique !

Malgré ce que nous raconte cette histoire, les aigles ne sont pas les oiseaux qui volent le plus haut, l'oie barrée, lors de sa migration, survole l'Himalaya à 9000 mètres d'altitude. Elle est donc l'espèce volant le plus haut de façon récurrente.

Cependant, elle ne détient pas le record, car le vautour de Rüppell a déjà été observé de façon ponctuelle à 11 300 mètre d'altitude.

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