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L'arbre Yá (partie 2)

Publié le par La Gobeline

Bonjour bonjour,

J'ai un peu de retard pour la suite de L'arbre Yá, j'ai donc décidé de vous le poster en trois parties.

Pour ceux qui aurait raté la première partie je vous conseille de la lire avant la partie 2 cliquez >ici< pour la voir 

bonne lecture !

 

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Il rentra chez lui, la petite maison lui parut tellement grande pour lui tout seul, il considéra le fond de nourriture bouillie dans le poêlon avec dégoût et s'allongea sur sa paillasse.

Alors qu'il commençait à s'endormir, il entendit une voix l'appeler, la voix d'une vieille femme. Il ouvrit les yeux et découvrit sa grand-mère penchée sur lui. Elle lui demanda de s'asseoir à table et commença à lui parler de sa mère, de l'amour qu'elle portait à sa fille.

        - Elle était trop bonne, quand tu es née elle ne voulait rien entendre et a tout fait pour que tu vives - son regard s’assombrit et elle rajouta dans ses dents -, mais à quel prix ? Quoi qu'il en soit, elle n'est plus parmi nous aujourd'hui, tu es presque un homme, mais trop fragile pour travailler, alors tu n'es plus le bienvenu, et comme nous ne sommes pas des sauvages tu as jusqu'à demain pour partir.

 

Yára n’attendit pas le lendemain matin, si son peuple ne voulait plus de lui il ne voyait aucune raison pour rester plus longtemps.

Il s'en alla, sa flûte pendue à sa ceinture et la gousse au fond de sa poche. Il voulut passer faire ces adieux au vieil arbre, mais lorsqu’il arriva à son niveau le tronc était couché et les racines nues, arrachées à la terre. Le jeune homme joua alors pour cet arbre qui s'en était allé en même temps que sa mère, une complainte sortit de la flûte, chantant la vie de solitude qu'avait vécu l'arbre au milieu d'une terre aride. La fin du chant arriva comme un soulagement, Yára effleura l'écorce du bout des doigts et rangea l'instrument.

Il partit vers le nord sans haine ni regard en arrière. Il marcha des jours durant dans le désert, sans boire une goutte d'eau. Alors que sa bouche était aussi sèche que le sol sur lequel il avançait, il arriva au pied d'une montagne, son attention fut tout de suite attirée par une petite tâche verte entre deux rochers. S’il y avait de la verdure, il y avait forcément de l'eau, il utilisa les forces qui lui restaient pour avancer. Il découvrit une toute petite cuvette dans laquelle il plongea sa tête, il sentit sa peau absorber l'eau, il avala à grande lampée et sentit un filet de fraîcheur couler le long de sa gorge et tomber dans son estomac.

Épuisé, Yára se coucha contre la paroi rocheuse et s’endormit.

 

La fraîcheur de la nuit le réveilla quelques heures plus tard, il décida de commencer l’ascension de la montagne en profitant de l’absence du soleil.

Après s’être reposé, avoir bu et sans la chaleur accablante, Yára-Arata avançait plus aisément. En suivant un petit sentier sinueux, il atteint le sommet au lever du jour, les premiers rayons de lumière lui caressèrent le visage et lui donnèrent l'énergie nécessaire pour continuer d'avancer.

Après quelques heures de marche sur le plateau, il décida de faire halte pour se ressourcer. Devant un coteau, il trouva un petit arbre dont les racines gardaient l'entrée d'une cavité, il se lova a l’intérieur et décrocha la flûte de sa ceinture. Lorsque les premiers sons sortirent, Yára sentit quelque chose de différent, une musique différente de celle qu'il avait pris l'habitude de jouer.

 

Un brouillard troubla la vision de Yára, il était toujours dans la même cavité, mais l'arbre était beaucoup plus feuillu. Une femme s’avançait, boitillante, il la reconnut aussitôt avec sa robe noire et sa démarche caractéristique. Elle était la femme qu'il avait aperçue lors de sa deuxième vision, celle qui avait aidé le vieil arbre en lui donna de la terre fertile alors qu'il n'était encore qu'une jeune pousse. Elle s’arrêta un instant pour saluer l'arbre et continua sa route vers le nord en passant derrière le coteau.

Yára cessa de jouer et retourna dans son présent, après un petit somme dans la fraîcheur de la pierre, il reprit sa route. Il suivit le sentier qui grimpait sur la butte, et en arrivant en haut la vision qui l'attendait lui coupa le souffle.

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L'arbre Yá (partie 1)

Publié le par La Gobeline

Salutation ! Voici la première partie d'un petit texte que je suis en train d'écrire.
Comme d'habitude votre avis m'intéresse et fait vivre le blog !
Cette semaine je n'ai eu aucune réponse d'autorisation pour illustré le texte j'ai donc choisit une image libre de droits qui sera sans doute remplacé par la suite.

Pour ce qui est du texte de la semaine dernière que vous pouvez retrouver >ici< il s'agissait bien de Élisabeth Battory  comme certain l'avait découvert.

Je vous souhaite une bonne lecture dans le désert.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Image temporaire de pixabay. N'hésitez pas à me proposer vos propres illustrations.

Il y a de ça des centaines d'années, sur la terre de Taïja-thar, dans un désert de roche, vint au monde un enfant si petit que la mère de sa mère refusa de le prendre dans ses bras.

        - Il est trop maigre, mieux vaux ne pas t'y attacher ma fille, il ne tardera pas à mourir.

 

Ce à quoi la jeune accouchée répondit :

        -Si mon fils est chétif, c'est que sa force est logée dans son cœur, si mon fils mange peu, c'est que les rayons du soleil suffisent à le nourrir. Mon enfant vivra longtemps, il portera le nom de Yára-Arata qui signifie Grand et Ancien.

 

Contrairement aux prédictions de la grand-mère, Yára-Arata resta en vie, il était maigre, et quand sa mère lui demandait de manger, il lui répondait que les rayons du soleil lui suffisaient.
Alors que les autres enfants se moquaient de lui et le battaient, il suppliait sa mère de ne pas se mettre en colère et de leur pardonner.

 

Yára était déjà bien avancé dans l'enfance lorsqu'il vit un arbre pour la première fois, dans le désert où lui et les siens vivaient, les plantes étaient rares, les arbres d'autant plus. Le végétal était fatigué, assoiffé.

La mère de l'enfant s'approcha, posa sa main sur l'écorce et ferma les yeux, elle se recueillit un instant et se tourna vers son fils :


        - Il y a bien longtemps, nos terres étaient fertiles, une grande forêt s’étendait là où nous sommes aujourd'hui. Mais nos ancêtres sont arrivés, ils ont coupé beaucoup d'arbres, la gardienne des vieux arbres s'est vengée et à provoquer de nombreux incendies, maintenant le sable et la roche ont remplacé les étendues boisées. Notre peuple a prié et supplié la gardienne des vieux arbres, mais elle n'est plus jamais apparue. À présent, elle habite l’esprit des arbres anciens dans le nord, et s'est désintéressée de nous.

        - Mon fils, écoute bien, les arbres étaient là avant nous, ils seront toujours là après, et même si on les arrachaient tous ils reviendraient, si tu dois un jour utiliser la branche d'un arbre, il te faudra dire en la coupant :

 

« Oh gardienne des vieux arbres, donnez moi s'il vous plaît, un peu de votre bois et, quand je serai un arbre, vous aurez un peu du mien »

 

 

Elle désigna alors une unique gousse verte suspendue à l'une des branches, à peine son doigt effleura la gousse que celle-ci se décrocha et tomba dans le creux de sa main. Elle la tendit alors à Yára :

        - Garde-la précieusement, l'arbre à utiliser ses dernières forces pour concevoir ses graines. Elles sont la preuve que la gardienne reviendra un jour pour replanter la forêt.

 

La nuit qui suivit, alors que tout le monde dormait, Yára-Arata sentit qu'il devait retourner voir l'arbre, lorsqu'il arriva devant il sortit son couteau et coupa une branche en murmurant :

 

« Oh gardienne des vieux arbres, donner moi s'il vous plaît, un peu de votre bois et, quand je serai un arbre, vous aurez un peu du mien »

 

Il caressa longuement la baguette qu'il avait obtenue avant de la tailler, il fabriqua une petite flûte et lorsqu'il souffla dedans, il entendit quelqu'un l'appeler. Il cessa aussitôt et chercha partout autour de lui, comme il ne voyait personne, il souffla à nouveau et cette fois sa vision se brouilla et le décor changea autour de lui, il était exactement au même endroit, mais à la place de la plaine de cailloux se dressait d’immenses arbres en feu, et à ses pieds un arbrisseau luttait contre les flammes. Une flamme arriva sur lui et le calme froid du désert revint.

 

À la place de l'arbrisseau se trouvait le vieil arbre, seul.

 

La nuit suivante, il retourna auprès de l'arbre, la vision qu'il avait eu le terrifiait, mais il sentait que le bois de cet arbre avait des choses à raconter. Il commença à jouer et cette fois-ci ce ne fut pas un brasier qui lui apparut, mais une terre dévastée, une vieille silhouette boitait entre les corps calcinés d'arbres et d'hommes, elle semblait désespérée. La vieille femme s'approcha de l’arbrisseau qui avait survécu et une lueur d'espoir apparue dans ses yeux, elle fouilla dans sa robe aussi noire que des baies de sureau et en tira une poignée de terre humide. Elle la répartit au pied de l'arbre en lui murmurant quelques paroles réconfortantes.

Yára-Arata revint dans le présent, une larme coulait sur sa joue.

 

Yára continua de venir rendre visite à l'arbre qui faiblissait de plus en plus, les autres enfants avaient remarqué la flûte qu'il portait toujours à se ceinture, un jour, ils le forcèrent à en jouer. Il s’exécuta, et à la place du son de la flûte il entendit une voix qui chantait une douce complainte, mais quand il eut fini, tout le monde éclata de rire.

        - Il ne fonctionne pas ton instrument, finalement il te ressemble, laid, tordu et qui n'a aucune utilité.

 

Une semaine après, la mère de Yára-Arata mourut dans son sommeil, alors que les vieilles dames enveloppaient son corps dans un linceul avant de l'embraser, l'enfant sortit sa flûte, il en joua et cette fois une clairière tapissée d'herbes grasses lui apparut, sa mère était là, allongée au milieu des fleurs, elle plongea son regard dans le sien et lui sourit, elle paraissait apaisée, heureuse.
Yára revint à lui, de sa mère il ne restait que des cendres et une odeur abominable, le vent souffla et les emporta vers le nord.

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Quelque part dans l'Est

Publié le par La Gobeline

Le texte de cette semaine sort un peu de mon registre habituel, je l'ai écrit il y a un peu plus d'un an. A l'époque j'étais dans un atelier d'écriture, pour ce texte la consigne était d'écrire une tranche de vie d'une personne connue non fictive.
Je laisse planer le mystère, à vous de me dire si vous avez découvert l'identité du personnage. Je révélerais son nom dans le prochain article.

Bonne lecture !

Quelque part dans l'Est

Pal s'est enfin endormi, emmailloté dans son lange de lin, je le regarde dans son berceau, j'observe surtout son petit ventre, vérifiant que sa respiration soit calme et régulière, cela me rassure. Le dernier héritier que je pourrais donner à mon époux est devant moi, si fragile, j'ai tellement peur pour lui.

Je me surprend à penser à Orsolya et Andrei que j'ai perdu avant qu'ils aient atteint l'age de 5ans, je chasse la larme qui coule sur ma joue d'un revers de manche.

Je ne permettrai pas qu'on m'arrache un quatrième enfant. Après avoir déposer un baiser sur le front de Pal, je quitte la pièce, en sortant je croise la nourrisse de mes enfants :

        - Dame Elizabeth, Katarina est dans sa chambre elle a pris son repas.

        - Très bien Ilona, je vais allé la voir, lorsque vous aurez fini retrouvez moi dans la salle à manger, j'aimerais partager mon repas avec vous aujourd'hui.

Elle acquiesce d'un signe de tête et entre dans la chambre où Pal est toujours endormi.

Je pars dans les couloirs sombres et froids du château et arrive devant la chambre de Katarina, elle est en train de jouer avec une poupée de chiffon, elle la berce tendrement dans ses petit bras et lui chante une chanson :

 

 « Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m'as l’âme ravie
D'un sourire gracieux,
Viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.
 »

 

Elle ne me remarque pas, je l'observe un moment. Je regrette le temps ou j'étais encore en âge de jouer à la poupée, et où l'on me faisait les même petites tresses qui encadrent son visage de porcelaine. Ma peau était-elle aussi lisse que celle de ma fille ? Oui certainement qu'elle l'était.
Katarina auras bientôt passer l'âge redoutable de l'enfance et pourra entrer dans sa jeunesse avec grâce. Elle m’aperçoit enfin et se jette dans mes bras :

        - Un peu de retenue Katarina, une jeune fille ne doit pas se laisser aller à de pareilles excentricités.

        - Une jeune fille doit être pure, modeste, courtoise et ne doit pas se laisser aller au bavardage. Me récite t-elle.

Je dépose un baiser sur le sommet de son crane. Au centre du petit cercle de métal doré qui maintient ses cheveux. Je resserre aussi sa ceinture.

        - Je ne connais pas cette chanson, on dirait du français, est-ce votre oncle qui vous l'a apprise après l'un de ses voyages ?

Elle acquiesce, je lui demande alors de me la chanter encore, elle s’exécute, les pommettes légèrement rougies par la gène.

[...]

 

« Approche donc ma belle
Approche, toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien.
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser. 
»

 

[…]

 

 

Je la trouve tellement belle et gracieuse, il parait qu'une mère ne peut que trouver ses enfants beaux mais Katarina est au dessus de tout cela, elle deviendra une grande dame, je la prend alors dans mes bras, et lui murmure a l'oreille :

 

        - Je vous aime mieux que tout. Il n'y a rien de plus beau que vous. Tant que je vous vois, je ne puis avoir irritation ; ni colère ; ni ennui. Vous êtes mon espérance, ma joie, mes joyaux et mes plaisirs. Tachez de ne jamais oublier cela.

Après un moment je quitte la chambre de ma fille et me dirige vers les cuisines pour prendre mon repas. Le silence règne, je ne perçois que le bruissement de ma robe sur mes jambes. J'arrive enfin devant la salle où j'ai l'habitude de prendre mes repas, Ilona m'y attend, debout à côté d'une chaise tandis que Dorko finit de dresser le couvert. Je m'assois sans un mot et fait signe à la nourrisse d'en faire autant.

Dorko arrive avec un poulet fourré au marron, l'odeur de la viande me donne l'eau à la bouche. Je propose de mon repas à Ilona. Après avoir manger une cuisse, je romps le silence :

        - Il nous faut de nouvelle fille Ilona, trouvez quelqu'un pour aller en chercher dans l’après-midi.

        - Madame, si je puis me permettre, il n'y a presque plus de jeune fille a Čachtice.

        - Nous manquons de servante, demandez qu'on aille en chercher ailleurs. La Hongrie est vaste vous trouverez bien de jeunes vierges qui veulent travailler au sec et avoir à manger tous les jours.

Je met un point d'honneur à être entouré de jeune fille, il est tout de même plus agréable de se faire servir par de belles pucelles naïves plutôt que par de vieilles bigotes coriaces, les servantes c'est comme les chiots, plus elles sont jeunes plus elles sont faciles à dresser.

        - Il y a autre chose que vous devez faire pour moi.

        - Dites-moi Elizabeth, vous savez que je vous suis totalement dévouée.

        - Je sais bien que vous me conseillez de me faire craindre par les habitants du village, mais depuis que mon cousin Sigismond a été chassé du trône de Transylvanie il y a quelques mois, les Turcs pillent les villages, ils mettent toute la Hongrie à feu et à sang. Vous savez que nous ne somme pas épargnés. Une jeune regrattière de Čachtice est tombé enceinte suite à un pillage, elle s'est faite violée par les Turcs mais pour sa famille et l'église elle est coupable et comme elle n'est pas mariée, elle va finir à faire la putain. Je sais que vous confectionnez une potion de Coloquinte et des pessaires d'ortie, il faut l'aider à se débarrasser de l’enfant. Dans la plus grande discrétion évidement.

        - Je ferais ce qu'il faut Comtesse. Il me faudra juste un peu de temps pour réunir les ingrédients.

Nous finissons notre repas en parlant de chose et d'autre concernant mes exigences pour les nouvelles filles. Dorko nous apporte une tarte au myrtille :

        - Dorko, faites moi couler un bain, je le prendrais après le repas. Quelqu'un d'autre s'occupera de débarrasser.

        - Bien comtesse.

A peine prononce t-elle ses mots que son Bliaud disparait à travers la porte.

Après avoir finit, Ilona part s'occuper de Paj et je m'en vais prendre mon bain, je me déshabille face au miroir, mon ventre abîmé par mes six grossesses me dégoutte, j'examine mon visage qui prend de plus en plus de rides, je détourne les yeux, cette vision m'est insupportable.

Je me glisse dans la bassine et m’immerge jusqu'au cou. Les additifs que j'ordonne de mettre dans mes bains rendent l'eau épaisse, mais a quoi bon ? Mon corps vieillit, quoi que je fasse. Que me reste t-il de ma jeunesse et ma beauté ?

La seule chose qui m'aide a me souvenir de l'époque ou j’étais désirable est la poésie, j'attrape justement un parchemin posé sur la tablette à côté de la baignoire. Un manuscrit de Bálint Balassi que l'on m'a offert il y a peu, je me régale de chaque mot qu'il écrit, la passion qui ressort de ses compositions amoureuses remplit mon cœur d'une nouvelle jeunesse.

Je lis quelques vers et me les repassent en boucle dans ma tête, comme une cure de jouvence je me délecte de chacun d'eux et les laisse pénétrer dans mon âme.

 

Lorsque mes mains commencent à ramollir et que le bout de mes doigts se fripe, je me dépêche de sortir de peur qu'il reste ainsi.

       - Dorko, mes onguents !

Elle m'apporte aussitôt la petite boite en ivoire contenant la préparation rougeâtre et poisseuse que j'applique soigneusement sur chaque parcelle de mon corps et de mon visage.

Après quoi Dorko lasse mon corset et me passe une robe rouge et doré. Tel une ombre, elle me suit dans les couloirs jusqu'à ma chambre attendant que je lui donne une tache.

        - Allez donc superviser l'arrivée des nouvelles filles, ne restez pas la à rien faire.

        - Oui Dame Elizabeth.

Je m’installe à un pupitre et commence à ouvrir les lettres posées à son rebord. Je dois aussi m'occuper du salaire des serviteurs.

Mon époux, le conte Ferenc étant repartis en croisade, je m'occupe du bon fonctionnement de ses terres, c'est d'ailleurs mieux ainsi, un ivrogne comme lui passerait plus de temps au bordel qu'à gérer ses biens. Si on le retrouve un beau jour égorgé par une putain, ça ne sera pas étonnant.

 

Une fois mon devoir fini, je sors du château, passe devant les jardins, y cueille quelques roses et me dirige vers le cimetière. Je m’arrête devant deux tombes plus fleuris que les autre. On peut lire « Orsolya » sur l'une et « Andrei » sur l'autre, gravé en lettre d'or.

Je m'agenouille, dépose les roses entre les deux pierres et commence a réciter ce que je viens leur dire chaque jour depuis qu'ils sont là :

 

« Ce sépulcre, mes enfants

vous recouvre ; la cendre ne peut rien avoir de sensible ;

Pourtant, si de vous survit quelque part, reconnaissaient, mes enfants,

Que vous étiez heureux, quand la première jeunesse vous ravis ;

Pour moi, je traînerait ma vie dans le deuil et les ténèbres ;

Voila le prix, mes enfants, que j'ai semé a ma maternité »

 

 

Je me redresse et en me retournant, j’aperçois Dorko qui me dit :

 

	- Dame Elizabeth, les filles sont arrivées. 

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Le temps [Tag]

Publié le par La Gobeline

J'avoue que partager mes découvertes me manque un peu, j'ai décidé de stopper les critiques il y a quelques semaines puisque le format ne me convenait plus. Je me suis dit que je ferais de temps en temps des "pots-pourris" comme je l'avais déjà fait pour Halloween ou pour l'été 2016, ce format est toujours prévu, mais j'attends d'avoir des idées de thème qui me donne envie d'en faire (d'ailleurs, si vous avez des idées ou des envies de "pots-pourris" n'hésitez pas à m'en faire part en commentaire de cet article)
Et puis j'ai découvert les tags littéraires, je trouve que c'est une excellente manière de parler des livres que j'ai aimés en les décrivant rapidement.

Pour ce premier tag j'ai choisi celui sur le thème de temps de PKJ, il date un peu, mais comme je ne suis pas du genre à suivre les tendances j'ai préféré en choisir un dont le thème me plait.

C'est parti !  

 

Le temps [Tag]

 

Citer un livre qui se déroule (au moins en grande partie) de nuit.

Première neige de Bomi Park

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire d'un enfant qui se reveille en pleine nuit, avec son petit chiot ils partent dans les rues, roulant une boule de neige fraiche.

Bomi Park partage un univers calme et tout un douceur à travers son premier album, le texte, peu présent, est adapté aux tout petit et laisse les images parler d'elle même. 

Citer un livre qui se déroule sur un espace-temps assez court (1-3 jours).

Narnia Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique de C.S Lewis

 

Alors non ce n'est pas tout à fait de la triche !
L'histoire de déroule pendant la seconde guerre mondiale, les quatre enfants Pevensie fuient les bombardements et se réfugient dans le manoir du professeur Kirke. Lors d'une partie de cache-cache Lucie, la cadette, entre dans une armoire, mais alors qu'elle s'y enfonce, les vêtements laissent place à des branchages. Elle découvre alors le monde de Narnia où les créatures fantastique qui le peuple sont condamnées à vivre dans un Hiver sans fin. 

Citer un livre qui aborde le thème du voyage dans le temps.

La cabane magique de Mary Pop Osborne

Tom et Léa découvrent une cabane remplie de livres en haut d'un arbre. Ils se rendent vite compte qu'un enchantement règne sur cette cabane, lorsqu'ils ouvrent un livre ils sont projetés dans le passé.


On reste dans la littérature jeunesse, j'avais lu les quatre premiers quand j'étais enfant, depuis il en est sortit beaucoup d'autres (13 séries de 4 livres). Il y a une énigme à résoudre dans chaque série et des indices à trouver dans chacun des petits romans, et on découvre une nouvelle époque à chaque tome. 
Je pense que ce sont de très bons livres pour initier à la lecture, ils sont courts, faciles à lire et captivants. 

Citer une série pour laquelle chaque livre représente une année.

L'île du crane de Anthony Horowitz

Après avoir été renvoyé une nouvelle fois de son école David Eliott se retrouve dans une école bien étrange sur l'île du crane.

J'avais déjà parlé de ce petit roman dans le pot-pourri de Noël. Il séduira tous les fans de Harry Potter, une pointe d'humour noir supplémentaire qui n'est pas pour me déplaire. 

Quel est le livre de votre bibliothèque qui a été écrit il y a le plus longtemps?

Gargantua de François Rabelais (paru en 1534)

Gargantua, fils du roi d'Utopie, Grandgousier, et de Gargamelle à été portée onze mois par sa mère et est nait par l'oreille. Alors qu'il vient de naitre l'enfant réclame déjà à boire son père s'exclame alors "Que grand tu as !" se qui lui valu le nom de Gargantua.

Qu'il est difficile de résumer Gargantua en quelques mots, lors de ma lecture je n'ai pas tout compris, et pourtant je l'ai adoré. Ce livre n'est néanmoins pas fait pour tout le monde, oubliez si vous êtes adepte de la littérature moderne et que vous êtes hermétique à l'humour gras. Mais si vous voulez vous aventurer dans un univers peuplé de Géant et que suivre Rabelais dans ses jeux de mots et métaphores ne vous fait pas peur, alors allez-y, vous ne risquez rien à essayer. 

Quel est le livre de votre bibliothèque qui a été écrit le plus récemment?

A la frontière des brumes de Pascal Rosnet (Avril 2016)

Dans ce 3ème recueil de nouvelles, Pascal Rosnet, comme à son habitude, nous emmène dans son univers indescriptible et nous fait réfléchir sur des thèmes tel que la société, la condition humaine, la religion ou l'évolution à travers des histoires parfois quasi-réalistes, parfois complètement loufoques, mais toujours dans cette ambiance un peu sombre et particulière qui le caractérise.

Comme pour les autres livres, je ne l'ai pas lu d'une traite, comme un besoin de digérer chaque histoire et de faire mûrir ma réflexion avant d'entamer la suivante.

Étant donné que Pascal Rosnet autopublie ses oeuvres, je vous mets > ici < un lien vers son site.

Citer un livre qui présente un élément de temps sur sa couverture.

Encyclopédie des monde qui n'existent pas de Michel Page et Robert Ingpen

Ma Bible ! Cette encyclopédie renferme une grande partie de ce qui m'inspire, lieux merveilleux, créatures fantastiques, petit peuple, objets magiques provenant de toutes les croyances et histoires du monde. 
Les illustrations sont superbes, juste assez sombre pour entretenir le mystère des secrets détenus dans l'ouvrage. 

Malheureusement si vous souhaitez l'acquérir il faudra toucher au porte-monnaie puisqu'il n'est plus édité et son prix d'occasion frise l'indécence. Mais je suis sûr que vous pourrez le feuilleté dans une bibliothèque ou une médiathèque bien fournie. 

Citer un livre avec des flashbacks.

Homo Vampiris de Fabien Clavel 

Roumanie - entre le 2 et le 8 mai - 2h environ. Zéro s'enfuit de "l'Usine", la douleur n'a aucune importance, seule la liberté compte. Et la faim. 
Quelques heures plus tard, à Londres, une jeune étudiante quitte une conférence, submergée par une faim singulière.
Dans la soirée, à Dubaï, Sayyid Muhammad dînait à l'Al-Mahara avant de rejoindre sa suite dont seule une panthère ressortira vivante.

Dans ce thriller mélangeant les styles, Fabien Clavel nous balade entre les époques et les pays. Si vous voulez en savoir plus j'avais déjà dédié un article complet à ce roman >ici<

 

Citer un livre que vous avez lu très vite.

Le derniers jour d'un condamné de Victor Hugo

Un condamné à mort relate ses derniers moments de vie, le procès, son enfermement, les préparatifs de son exécution, le voyage vers l'échafaud ..
On ne sait rien de lui, ni son nom, ni pourquoi il est condamné, on sait seulement qu'il est le père d'une petite fille.

V.Hugo nous permet à travers ce court récit de nous mettre dans la peau d'un homme qui n'a plus que quelque jours à vivre, sans aucun jugement. Il ne parle pas là d'un meurtrier ni de justice, simplement d'un humain qui partage son angoisse. 


Il est le livre que j'ai fini le plus rapidement, je l'ai lu comme on arrache un pansement. Et même si cette lecture était importante pour moi, je ne pense pas que je le relirai un jour.

Citer un livre que vous avez lu très lentement.

Le don du loup Anne Rice

Reuben, 23ans, écrit un article sur l'énigmatique propriété de Marchent Nideck. Alors qu'il visite la maison, Reuben tombe sous de charme à la fois du lieu et de sa propriétaire. Mais la nuit idyllique entre Marchent et le jeune journaliste tourne au cauchemar lorsqu'ils se font attaquer et que Reuben est mordu par une mystérieuse bête sauvage.

Je ne saurais dire pourquoi j'ai mis autant de temps à lire Le don du loup, j'aime l'ambiance et je suis prête à faire mes valises pour partir vivre à Nideck Point tellement la description du manoir me fait rêver. Les personnages sont très bien travaillés, chacun renferme des secrets à découvrir.

Citer un livre qui se passe dans le passé (par rapport à la date de publication) mais qui n'est pas un livre historique.

La sang des dieux et des rois

Jacob est prêt à tout pour conquérir le coeur de Katerina, même s’il lui faut risquer sans vie dans une arène face au combattant les plus entrainés de macédoine, notamment Hephaestion qui est sous la protection du prince Alexandre. 
Mais un lien inexplicable semble rapprocher Katerina et l'héritier du trône.
Pendant ce temps, Zofia, princesse persane et fiancée à Alexandre contre sa volonté, cherche à fuir son destin pour vivre au côté de celui qu'elle aime.  

 

Lorsque j'ai commencé ma lecture j'étais un peu inquiète à propos du côté un peu "ado" et finalement je suis totalement rentré dedans. L'intrigue est très prenante et même si les personnages sont nombreux, on ne perd pas le fil de l'histoire et aucun ne prend le dessus sur les autres.
J'ai hâte de lire la suite !  

Citer un livre qui se passe dans le futur.

1984 de George Orwell

 

Big Brother watching you !
Plusieurs années après une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest. Océania est sous l'emprise d'un régime totalitaire où la liberté d'expression n'existe plus, gouverné par un chef qui n'apparait jamais, mais dont le portrait est partout et qui connait tous les fait et geste du peuple l'Océania. Winston Smith travail au ministère de la vérité et est charger de retoucher les journaux pour que l'histoire soit cohérente avec se que le partit à décider, car le partit ne se trompe jamais.

Dois-je réellement vous présenter ce roman ? Même si vous ne connaissez pas son titre, vous avez forcément entendu parler de Big Brother. Ce roman date de 1949 et pourtant, lire cette dystopie en 2017 n'est pas sans nous rappeler certains faits de l'actualité.

Citer un livre dont le titre présente une notion de temps.

Le liseur de 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent 

Guylain Vignolles travail au service du monstre de l'histoire, la Zerstor 500, il est chargé de nourrir la terrible broyeuse avec des livres invendus. À la fin de chaque journée, il sauve en secret quelques feuilles ayant échappé à l'appétit boulimique de la machine. Et le matin, en allant travaillé, à bort du RER du 6h27, il lit à voix haute. 
 

Un petit roman qui me sort totalement de ma zone de confort et que je n'aurais certainement jamais lu si je n'avais pas eu l'occasion de rencontrer l'auteur. Pourtant j'ai apprécié ce voyage à bort du 6h27 au côté de Guylain, c'était très reposant en comparaison de ce que j'ai l'habitude de lire.
Un petit roman qui fait du bien.

Citer un livre (pas une série) dont l'intrigue se déroule sur plusieurs années.

Bilbo le Hobbit de J.R.R.Tolkien

Comme tous les Hobbits, Bilbo est un petit être paisible, il ne lui arrive jamais rien d'imprévu, et il se plait dans son confortable trou de Hobbit. Mais l'arrivée d'un vieillard au chapeau bleu, haut et pointu, appuyé sur un bâton va faire entrer l'aventure dans la vie de Bilbo. 

J'ai eu beaucoup de mal à trouver un livre se déroulant sur plusieurs années, le fait que je lise principalement des séries ne m'a pas aidé. Aussi Bilbo ne se déroule pas sur plusieurs années, mais même s’il est difficile de connaitre la durée exacte de son voyage il paraitrait qu'il a tout de même duré plus d'un an.

Je vous invite donc à partager avec moi d'autres livres dont l'intrigue se déroule sur plusieurs années puisque je sèche un peu.


Ce classique de la littérature fantastique ne se présente plus, mais si vous n'avez jamais lu Tolkien ou que vous avez abandonné le seigneur des anneaux à cause de sa difficulté je ne peux que vous conseiller de commencer par Bilbo qui est bien plus facile à lire.

   

Ce Tag est terminé, j'espère que ce nouveau format vous plaira, personnellement je me suis bien amusé à le faire. 
 

À bientôt !

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Le roi des oiseaux (partie 2)

Publié le par La Gobeline

Avec beaucoup de retard, voici la deuxième partie du roi des oiseaux qui est la suite de cette histoire

Cette petite nouvelle est très librement inspirée d'un conte que me racontait mon papa lorsque j'étais enfant. 

 

J'ai illustré ce texte grâce à un dessin de FJ-Design, vous retrouverez sa page Facebook >ici<

 

Image : FJ-Design

Image : FJ-Design

Le phénix s'était éteint, les Paradisiers avaient voyagé sans relâche des jours durant afin de colporter la nouvelle.

Dès que l'écho de la mort du roi arriva aux oreilles de l'Albatros, il s'empressa de partir en direction du volcan, planant au-dessus de la montagne pendant des semaines, il fut le seul témoin de l'auto-destruction de l'île.

En arrivant sur la terre ferme, il rencontra un Héron qui fouillait la vase, faisant honneur à sa légendaire curiosité, l'échassier lui demanda tous les détails sur la tragédie qui avait lieu sur l'île.

Alors que l'Albatros relatait tout sur l’anéantissement de l'île, il fut coupé par un hululement provenant d'un arbre.

 

« L'homme a joué avec le feu comme un enfant au bord d'une falaise. L'équilibre devient bancal, ce n'est qu'une question de temps avant que tout s'écroule. Succéderont au seigneur du feu et des êtres volants ceux dont les plumes seront voisines du flambeau du monde. »

 

Après avoir prophétisé, la Hulotte rentra dans le creux de l'arbre et ferma les yeux. Les autres oiseaux connaissaient tous ce rapace nocturne qui avait don de clairvoyance, ils savaient que ses mots, bien que souvent étranges, devaient être interprétés avec soin.

On demanda alors conseil aux sages de ce monde, l'Ibis, qui possédait la mémoire des temps anciens, le Paon, celui qui voit tout et l’Étourneau, capable de décrypter chaque parole.

Alors qu'ils étudiaient l'oracle, le monde devenait peu à peu chaotique, les volcans se réveillaient, faisant bouillir les océans qui débordaient sur la terre tremblante, des ouragans se déchaînaient, arrachant tout sur leur passage.

Certains oiseaux se raccrochaient uniquement à la future décision des trois sages, tandis que d'autre, comme le Martin pêcheur, tentait malgré tout d'apaiser l'avalanche de catastrophes qui déferlait sur le monde. Éclair bleu dans le ciel, le Martin fendait l'air pour calmer la tempête.

Nombreux furent ceux qui ne survécurent pas, le Grand Pingouin fut emporté pas un ouragan, le Dodo trépassa lors d'un tsunami, l'Argentavis périt dans la lave d'un volcan.

Les sages finirent par rendre leur verdict après avoir étudié les paroles de la Hulotte des semaines durant, le futur roi des oiseaux sera celui capable de s’élever le plus haut dans le ciel.

Nombreuses furent les bêtes à plumes qui tentèrent leurs chances, mais les jours passaient et aucune n’arriva à satisfaire à la fois l'Ibis, le Paon et l'Étourneau.

Les cataclysmes redoublèrent d'efforts, le chaos gagnait du terrain à chaque instant, les plaines brûlaient dévorées par le magma en fusion, les terres se faisaient engloutir par les flots, le vent arrachait les arbres, la terre tremblait de toute part. On avait cessé d’espérer, le merle se mit à chantonner un air mélodieux au rythme lent et aux notes flûtées, le rossignol joignit son chant à celui du merle, apportant un ton dramatique.

Chacun les écoutait, certains les accompagnaient de leurs ramages, comme une halte dans le néant qui prenait possession de la vie, et sà ce moment-là, le soleil perça l'épaisse couche de nuages et la grive poussa un cri.

Toutes les têtes se tournèrent en direction du soleil, un tout petit point, à peine perceptible, formait des cercles dans le ciel.

Les oiseaux s'agitèrent sur le sol, voletant de-ci de-là, chacun avait son hypothèse sur l'identité de celui qui semblait pouvoir toucher le soleil.

Alors que le point devenait de plus en plus gros, on pouvait reconnaître un grand rapace au plumage brun planant en spirale en direction du sol.

Le faucon crécerelle fut le premier à reconnaître l'Aigle, il s'envola pour le rejoindre, suivit de tous les oiseaux qui piaillait de joie pour leur nouveau roi, lui tournant autour et l'escortant sur la terre ferme.

En atterrissant, chacun pris garde à laisser de l'espace autour de l'Aigle, la foule s'écarta pour laisser passer les sages qui vinrent se prosterner devant le nouveau roi. À ce moment, un léger gazouillement protestataire retentit.

« Pas si vite ! Ne tirez pas de conclusion trop hâtive sur votre seigneur. »

Le sommet du crane de l'Aigle remua et une toute petite tache jaune apparue sur son plumage et la tête d'un passereau miniature sortie d'entre les plumes.

« J’étais caché ici durant toute la durée du vol, j'ai été celui qui a été le plus proche du soleil, je suis donc votre nouveau roi »

Un long silence tomba, les trois sages, épuisés, se mirent à murmurer énergiquement entre eux. L'assistance commençait à s'échauffer, certains accusaient l'oisillon de tricherie, d'autres admettaient qu'il était effectivement celui qui c'était élevé le plus haut dans le ciel et que la couronne devait lui être remise, d'autres encore estimaient l'oiselet trop chétif et incapable de gouverner .

Les sages semblaient avoir beaucoup de mal à se mettre d'accord, à la tombée de la nuit la chouette Hulotte survola la foule, et se posa sur un rocher.

 

« Le pélican survolera les continents et la montagne de feu resurgira des eaux, Phénix, empli de haine, renaîtra Rokh, le chaos se ranimera. Pourtant, lorsque la maison du jour et de la nuit ne fera plus qu'un, les seigneurs des cieux s’uniront contre l'oiseau des orages. »

 

En quelque battement d'ailes, la Hulotte était déjà loin. L' Étourneau échangeant un regard avec ses confrères et se tourna vers ses auditeurs, pendus à ses lèvres.

 

« L'Aigle est celui qui a réussi l'exploit de voler plus haut qu'aucun d'entre nous ne le pourra jamais, l'autorité royale lui revient donc de droit. Nous l’appellerons désormais Aigle royal. Cependant ! L'ingéniosité et la détermination dont a fait preuve ce petit oiseau sont une qualité importante pour un souverain. Dorénavant, vous lui devrez également fidélité et vous l’appellerez Roitelet ».

Le roi des oiseaux (partie 2)

Instant culture pour les rationnels qui veulent un avis ornithologique !

Malgré ce que nous raconte cette histoire, les aigles ne sont pas les oiseaux qui volent le plus haut, l'oie barrée, lors de sa migration, survole l'Himalaya à 9000 mètres d'altitude. Elle est donc l'espèce volant le plus haut de façon récurrente.

Cependant, elle ne détient pas le record, car le vautour de Rüppell a déjà été observé de façon ponctuelle à 11 300 mètre d'altitude.

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